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Salut,
impossible de ne pas parler du Tchad après ce qui s'y est passé ces dernières. En plus j'adore ce pays et vous savez pourquoi? C'est l'un des seuls pays au monde où la chance est donnée à tout citoyen ambitieux de devenir Président de la république. Une vraie démocratie quoi! Au Tchad, tout flis du pays a la possibilité d'accéder au pouvoir. Contrairement à tous les autres pays du monde donc, même ceux déclarés très démocratiques, le pouvoir n'appartient pas à un système. Un bonhomme peut surgir de nulle part (aidé bien sûr par quelques lobbies bien tapis dans l'ombre) et s'emparer du trône.
En 1982, le brave Hissen Habré renverse Goukouni Weddeye et s'auto proclame chef de l'Etat. Il nomme alors à la tête de l'armée Idriss Déby qui le renversera à son tour en 1990 et s'emparera du pouvoir. Aujourd'hui, Mahamat Nouri, le principal chef de la rebellion tchadienne, semble décidé à goûter lui aussi aux délices de ce pouvoir.
Comme je vous le disais l'autre jour, plus les choses changent, plus elles restent les mêmes, et le pouvoir reste toujours détenu par les mêmes.
Le Tchad a beau offrir "sa chance" à tous ceux capables de se battre correctement, n'oublions pas que tous ces rebelles qui se succèdent à la tête de ce pays très pauvre sont à la base des compagnons d'armes. Mais le problème aves les putsch, c'est qu'ils sont menés par des groupes, mais à la fin il n' y a de la place au sommet que pour une seule tête. Et c'est connu, le pouvoir est une chaise et non un banc, on ne le partage pas. Il y en a donc toujours un qui se sent lésé et qui supporte juste le temps nécessaire pour se rebeller à son tour.
L'histoire du Tchad est d'autant plus intéressante que "l'élection présidentielle" dans ce pays est très bien organisée. L'on se rebelle, on se retire vers l'Est du pays, à la frontière avec le Soudan, on tisse quelques accords occultes, on obtient quelques soutiens du boss (La France) et on donne l'assaut. Maman France ne bouge pas le doigt car dans tous les cas, quelque soit l'issue, le pétrole coulera toujours vers Paris. Avec un peu de chance et beaucoup de sang, on finit par accéder à la magistrature suprême, on promet monts et merveilles au peuple, on s'installe et on pille au maximum, jusqu'au jour où l'on est trahi par un camarade qui réclame plus de part dans le gateau.
Ce qui est amusant aujourd'hui, c'est d'entendre Déby se plaindre du soutien accordé par le Soudan aux rebelles. En 1990, cela ne semblait lui poser aucun problème que le voisin soudanais intervienne secrètement dans les affaires tchadiennes.
Pour l'instant, il tient bon tout de même et ne semble pas décider à vouloir partager sa place, malgré les propositions des rebelles qui veulent poser un banc à deux places à la tête du pays. Cher Idriss ne l'entend pas de cette oreille et compte défendre "son bien" jusqu'à la dernière goutte de sang que le peuple tchadien aura à verser dans les rues.
Dans quelques jours, nous connaîtrons le dénouement de ce macabre affrontement.
Georges NGUIMBUS